Méthodologie

Comment nous mesurons l’opinion


Un sondage n’est jamais meilleur que sa méthode. Voici la nôtre, expliquée sans jargon — parce qu’un lecteur qui comprend comment un chiffre a été produit est mieux placé pour juger de ce qu’il vaut.

Le recrutement : l’échantillonnage « river »

Nous recrutons nos répondants directement sur le web, au fil de leur navigation, plutôt que dans un panel de répondants rémunérés. Cette approche, dite « river », va chercher des personnes qui ne répondent pas à des sondages toutes les semaines — ce qui réduit le risque de s’appuyer sur des « répondants professionnels » dont les habitudes finissent par déformer les mesures.

En contrepartie, un échantillon recruté ainsi ne tombe pas du ciel parfaitement représentatif. Personne ne devrait le prétendre. C’est précisément pour cela que les deux étapes suivantes existent.

Le redressement : la pondération

Une fois les réponses recueillies, nous redressons l’échantillon pour qu’il reflète la population québécoise telle que la décrivent les meilleures sources publiques disponibles :

  • les données du recensement— âge, sexe, région, scolarité, langue ;
  • des ancres attitudinales et comportementales — par exemple le comportement électoral passé, dont le résultat réel est connu — qui corrigent des déséquilibres que la démographie seule ne voit pas.

Chaque personne se voit attribuer un poids, et nous surveillons l’effet de cette pondération sur la précision : un redressement trop musclé est le signe d’un échantillon déficient, et nous le traitons comme tel.

Le contrôle de la qualité

Un sondage web attire aussi des robots, des réponses expédiées et des participants distraits. Notre instrument enregistre des paradonnées techniques minimales — type d’appareil, langue du navigateur, temps de réponse — qui servent uniquement à détecter ces cas : questionnaires remplis à une vitesse impossible pour un humain, réponses incohérentes entre elles, tentatives automatisées. Les réponses qui échouent à ces contrôles sont écartées avant toute analyse, et le nombre d’exclusions est déclaré dans la fiche méthodologique.

Pourquoi nous ne parlons jamais de « marge d’erreur »

La « marge d’erreur » classique (le fameux « ± 3 %, 19 fois sur 20 ») repose sur un théorème qui exige un échantillon probabiliste— où chaque citoyen avait une chance connue d’être sélectionné. Un échantillon web volontaire, le nôtre comme celui de la plupart des sondages publiés aujourd’hui, ne remplit pas cette condition. Accoler une marge d’erreur probabiliste à un tel échantillon donne une impression de précision que la méthode ne justifie pas.

Nous rapportons plutôt des intervalles de crédibilité modélisés : une fourchette qui exprime l’incertitude de nos estimations compte tenu de la taille de l’échantillon, de la pondération appliquée et des hypothèses du modèle — et nous disons que ce sont des hypothèses. C’est une transparence assumée, alignée sur les normes de divulgation du milieu de la recherche par sondage.

La fiche méthodologique

Chaque sondage que nous produisons s’accompagne de sa fiche méthodologique complète : dates de terrain, mode de recrutement, taille de l’échantillon avant et après contrôle qualité, variables de pondération et leurs sources, effet de la pondération, libellé exact des questions. La fiche est remise au client avec les résultats ; lorsqu’un sondage est rendu public, elle l’est aussi, intégralement. Si une information manque pour juger d’un chiffre, c’est un défaut de la fiche — écrivez-nous.

Une méthode qui se valide en continu

Nous éprouvons notre méthode en confrontant nos mesures à des références externes vérifiables — résultats officiels, données de référence reconnues — avant toute diffusion. Ce travail de validation est permanent. Nous ne revendiquons pas de bilan de prédictions : il viendra quand il existera, et il sera publié tel quel.

Dernière mise à jour : juillet 2026.